Une école d’avenir – Utopie qui voudrait devenir réalité

2016
02.07

J’ai participé cet été à l’enquête lancée par le ministère de l’éducation et de l’enseignement. Une enquête au sujet des points forts et des points faibles de notre système scolaire belge. C’était l’occasion de donner son avis, partager ses opinions et ses idées. Formidable! Enfin on nous donnait la parole, on nous demandait notre avis!! Enfin!! Auraient-ils compris, tous ces politiciens bavards, que les électeurs ne sont pas des crayons rouges dans des isoloirs mais des hommes et de femmes pleins d’expériences et d’idées? Allez, soyons fou: tachons d’y croire!
J’ai donc profité de l’occasion pour soumettre au Pouvoir quelques idées largement inspirées par les expériences pédagogiques d’autres pays. Les scandinaves entre autres.
Je ne veux pas tout changer. Pas tout de suite. Je suis d’accord qu’il faille peut-être y aller progressivement, pas à pas. Pour ne pas brusquer  les vieux de la vielle ou les allergiques au changement, les conservateurs aveugles, etc…
Voici donc une piste raisonnable et réalisables pour une autre école, une école positive et encourageante : une VRAIE école de la réussite.

Vous êtes prêts? Allons-y…

Cessons de considérer les progrès d’un élève par année pour les considérer par matière, séparément.
Depuis trop longtemps, on évalue au mois de juin, l’ensemble des résultats d’un élève. On additionne les heures d’échecs et si la somme est  importante – PAF! – On lui colle un bon coup de frein dans le plexus: STOP! Attestation B (réussite partielle assortie d’une injonction de changement d’option ou de niveau d’étude. C’est l’attestation qui ferme des portes) ou Attestation C (« Veuillez repasser par la case départ, aurevoir et merci », total constat d’échec)) Commençons à considérer les échecs séparément: « Tu as raté en Math? Pas de problème mon coco; tu te réinscris dans le même module jusqu’à ce que tu atteignes des résultats satisfaisants. Alors, tu pourras passer au module supérieur. »  »Mais tu as réussi en Français? Bravo, tu accèdes donc au module supérieur en français! Tu as raté en Religion et en Sciences? Tu repasses par le même module dans ces branches. Tu as réussi en Gym, en Education Artistique, en Néerlandais? Tu accèdes donc au module supérieur dans ces branches là. »
Jusqu’ici, il faut avoir réussi dans toutes les matières pour accéder à l’année supérieure. Ou alors vous quittez l’enseignement général pour l’enseignement qualifiant. Ou l’enseignement qualifiant pour l’enseignement professionnel, etc… De petits ados pré-pubères et donc physiologiquement et psychologiquement mal adaptés aux conditions scolaires belges actuelles; simplement  fatigués, confus, dépassés par les déferlantes émotionnelles qui les assaillent, dont nous, les vieux cons, n’avons pas retenus à quel point elles sont déboussolantes,  sont ainsi, chaque année, laissés pour cons sur le bas-côté de l’autoroute du savoir.

Si on instaure un système de progression verticale, par matière plutôt que horizontale, par année, chaque enfant prendra alors conscience, non plus seulement de ses lacunes mais de ses lacunes et de ses points forts, simultanément. Il lui sera dès lors plus aisé de s’orienter dans le labyrinthe des options et des niveaux d’enseignement pour trouver la carrière qui lui convienne.
Quant aux innombrables flemmards, tous ces petits rois du moindre effort qui traînent des scolarités à rallonges, ce système laissera le temps de mûrir, de grandir, de trouver un sens à tout ce foutoir. leur progression sera moins homogène que celle d’autres jeunes plus éveillés, c’est sûr, mais gageons que, se retrouvant pour la cinquième fois dans un premier module de Math, avec des blondinets de 12 ans et demi, il leur vienne soudain une illumination: « Putain, j’en ai marre de traîner avec des petits cons! ‘Faut que je réussisse ce coup-ci, sinon je vais passer pour un débile! «  Et alors, bottés au cul par leur propre fierté, les verrait-on bûcher comme des fous et fréquenter les remédiations et les rattrapages spontanément et volontiers.
Vous dites: « Je veux le voir pour le croire! »
Je réponds: « Pour le voir, il faudrait l’instaurer, non? »

Sans déconner, mon idée est géniale, non? Lumineuse! Tellement évidente que vous vous dites: « Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt? » Il n’y a pas de honte à n’avoir pas eu l’idée. Mais il y en a à la laisser croupir sur le banc de touche. Vous l’avez reçue, faite-en quelque chose. Soyez celui ou celle par qui l’espoir arrive. Celui ou celle dont l’histoire retiendra le nom: « Machin, Machine, grâce à qui des dizaines de milliers de générations d’enfants retrouvèrent la joie d’apprendre, la fierté de progresser et une meilleure connaissance de soi.

 

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